Une thérapie qui aide à comprendre que le passé est du passé
Qu’est-ce que l’ICV ?
L’ICV (Intégration du Cycle de la Vie) est une méthode thérapeutique créée par Peggy Pace au début des années 2000.
Cette méthode s’appuie sur un élément central : la ligne du temps. Il s’agit d’une succession de souvenirs, co-construite avec le patient et le thérapeute, qui permet de retracer les différentes étapes de l’histoire de vie.
La ligne du temps permet de faire revenir des souvenirs à différents âges, des premières années de vie jusqu’à aujourd’hui. La ligne du temps va être lue et le cerveau peut progressivement intégrer que les événements difficiles appartiennent au passé. Même si certaines expériences ont été douloureuses, elles sont terminées : ce qui s’est passé appartient au passé et n’est plus en train de se produire dans le présent.
L’ICV vise ainsi à aider la personne à développer un sentiment de continuité et de sécurité dans son histoire personnelle.
Comment se déroule une séance d’ICV ?
Comme dans toute démarche thérapeutique, la ligne du temps n’est pas lue dès la première séance.
Le travail commence par une phase d’anamnèse, qui peut s’étendre sur plusieurs séances. Ce temps est essentiel : il permet au thérapeute de mieux comprendre l’histoire de la personne, ce qui l’amène à consulter, ses difficultés actuelles, mais aussi ses ressources et ses besoins. Il permet également de réfléchir ensemble à l’approche thérapeutique la plus adaptée.
Lorsque l’ICV est retenue comme méthode de travail, un temps est consacré à la co-construction de la ligne du temps. Avec l’aide du thérapeute, la personne va retrouver des souvenirs issus de différentes périodes de sa vie et les organiser chronologiquement. Il ne s’agit pas de rechercher uniquement des événements douloureux : les souvenirs du quotidien, les moments importants comme les moments anodins ont également leur place dans cette succession.
Une fois la ligne du temps construite, celle-ci est lue par le thérapeute. La lecture respecte un rythme, une vitesse et une prosodie spécifiques à la méthode. Elle est répétée un certain nombre de fois, selon les besoins de la personne et l’avancée du travail.
Ces répétitions permettent au cerveau de travailler sur les souvenirs et de créer progressivement de nouveaux liens entre les différentes expériences vécues. L’objectif est notamment de favoriser une meilleure intégration de l’histoire personnelle et de permettre au cerveau de différencier plus clairement ce qui appartient au passé de ce qui se passe dans le présent.
Ainsi, même lorsque certaines expériences ont été difficiles ou ont laissé une empreinte importante, le cerveau peut progressivement intégrer qu’elles sont terminées et qu’elles ne sont plus en train de se produire aujourd’hui.
Que se passe-t-il si je n’ai pas de souvenirs d’une période de ma vie ?
Il est fréquent de ne pas avoir de souvenirs précis de certaines périodes de sa vie. Cela peut être particulièrement présent chez les personnes ayant vécu des expériences difficiles ou traumatiques. Les souvenirs peuvent alors être peu nombreux, fragmentés, difficiles d’accès, ou parfois complètement absents.
Ces « absences de souvenirs » peuvent notamment être associés à des phénomènes dits de « dissociation », souvent observés lors de traumatismes psychiques : face à certaines expériences, le fonctionnement habituel de la mémoire peut être perturbé afin de se protéger de l’adversité.
Ne pas avoir de souvenirs d’une période donnée n’est pas un problème pour travailler en ICV. Il n’est pas nécessaire de retrouver ou de forcer des souvenirs qui ne sont pas accessibles.
La ligne du temps peut être construite à partir des souvenirs dont vous disposez, même s’ils sont peu nombreux. Le thérapeute vous accompagne pour trouver des repères, des événements du quotidien et des souvenirs suffisamment précis pour permettre au travail de se dérouler.
Il n’est pas question d’inventer des souvenirs ni de chercher à retrouver à tout prix ce qui a été oublié. L’objectif est de travailler avec ce qui est présent et accessible aujourd’hui, dans un cadre sécurisant et respectueux de votre rythme.
Vous serez accompagné tout au long du processus afin que la ligne du temps puisse être utilisée, même lorsque certaines périodes de votre vie restent floues ou peu accessibles.
Dans quelles situations l’ICV peut-elle être envisagée ?
L’ICV peut notamment trouver sa place dans l’accompagnement de personnes confrontées à :
- des événements traumatiques ou particulièrement difficiles ;
- des expériences répétées d’insécurité, d’anxiété ou de stress ;
- des vécus difficiles remontant à l’enfance ;
- certaines situations de deuil ou de perte ;
- des difficultés émotionnelles ou relationnelles en lien avec des expériences anciennes ;
- des souvenirs ou des événements du passé qui continuent à avoir une influence importante dans le présent.
Cette liste n’est pas exhaustive. L’intérêt d’une approche thérapeutique ne peut pas être déterminé uniquement à partir d’un symptôme ou d’une difficulté particulière. C’est pourquoi le choix de l’ICV se fait au cas par cas, en fonction de votre histoire, de votre demande et de ce qui peut être travaillé dans le cadre de la thérapie.
Mon parcours en ICV
L’ICV s’est développée en France progressivement depuis les années 2010. Joanna Smith et Catherine Clément ont notamment participé à son développement et à sa diffusion en France, aux côtés de Laure Mann. Dans le cadre de ma formation continue, j’ai été formée à l’ICV auprès de cette dernière, qui est psychologue clinicienne, formatrice et superviseure LI-ICV.
Je possède une formation de niveau 2 en ICV. Cette formation vient compléter mon parcours en psychologie clinique et mon approche intégrative associée à la thérapie EMDR. Cette formation me permet d’utiliser l’ICV lorsque cela paraît adaptée à la situation rencontrée.
Une méthode encore en développement
L’ICV est une approche relativement récente dans le domaine des psychothérapies. Elle fait l’objet de publications et de travaux de recherche, mais la littérature scientifique disponible reste aujourd’hui moins importante que celle concernant des approches psychothérapeutiques étudiées depuis plusieurs décennies. Je considère donc important de distinguer ce qui relève des données scientifiques disponibles, des modèles proposés par la méthode et de l’expérience clinique. Une première consultation permet de prendre le temps d’évaluer votre demande et de voir ensemble si l’ICV peut correspondre à ce que vous recherchez.
Une vidéo pour mieux comprendre l’ICV
Video pour comprendre l’ICV : Vidéo par Johanna Smith et Catherine Clément
